Pourquoi je mange trop : le lien invisible entre émotions, stress, anxiété, déprime… et nourriture

Pourquoi je mange trop ? (en résumé)

Manger trop sans faim = souvent une stratégie de régulation émotionnelle + nerveuse.

Si tu manges trop, sans faim réelle,
ce n’est pas un problème de volonté.

C’est souvent lié à :

  • des émotions difficiles à traverser

  • du stress ou de l’anxiété chronique

  • un système nerveux en surcharge

  • des mécanismes de compensation anciens

La nourriture peut alors devenir un moyen rapide de se calmer,
de se remplir,
ou de ne pas trop sentir.

Même si tu as déjà “compris des choses”,
même si ça va mieux par moments,
les compulsions peuvent revenir.
Ce n’est pas un échec : le chemin n’est pas linéaire.

Dans cet article, je t’explique :

  • pourquoi manger trop est souvent une adaptation, pas un défaut

  • le lien entre émotions, stress, corps et alimentation

  • le rôle du système nerveux, de l’axe intestin–cerveau et des automatismes

  • pourquoi le gluten, le lactose ou la glycémie ne sont pas toujours la vraie cause

  • et comment apprendre à se réguler autrement, avec plus de sécurité

👉 Tu n’es pas cassé·e.
👉 Ton corps fait de son mieux.
👉 Et il est possible d’élargir progressivement les ressources disponibles.


Table des matières

🧭 Si tu veux aller à l’essentiel

Comprendre vite🧠 Pourquoi je mange trop ? / 🧩 Charge émotionnelle / 🔄 Quand ça revient

Une piste concrète🤍 Réconfort : sécurité, douceur, nourriture

Tout lire → dans l’ordre, à ton rythme

🎯 À qui s’adresse cet article ?

  • tu manges trop, parfois sans faim réelle

  • tu compenses avec la nourriture quand ça déborde à l’intérieur

  • tu te reconnais dans l’hyperphagie, les compulsions alimentaires ou une relation compliquée à l’alimentation

  • tu as exploré des pistes comme le gluten, le lactose, la glycémie ou la perméabilité intestinale, sans que tout s’explique vraiment

  • tu sens un lien entre stress, anxiété, déprime, émotions et nourriture

  • tu as l’impression d’être souvent en pilotage automatique

  • tu veux comprendre ce qui se joue, pas seulement “arrêter” un comportement

Cet article peut aussi te parler si :

  • tu vas mieux qu’avant, mais que certains mécanismes reviennent

  • tu as fait du travail sur toi, sans forcément tout “régler”

  • tu veux sortir de l’idée que tout est une question de volonté ou de contrôle

👉 Il ne s’adresse pas aux personnes cherchant un régime, une méthode miracle, ou une promesse de guérison instantanée.
Ici, il est question de compréhension, de sécurité intérieure et d’un chemin progressif pour apprendre à se réguler autrement.

🧠 Pourquoi je mange trop ?
(ce n’est pas une question de volonté)

Pendant longtemps, je me suis posé la question en mode :
“Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?”

Et comme beaucoup, j’ai cherché des réponses du côté de :

  • la discipline

  • le contrôle

  • les règles

  • les “bons” et les “mauvais” aliments

Mais plus j’avançais, plus je voyais autre chose :

👉 manger trop n’est pas juste un problème de nourriture.

C’est souvent un problème de surcharge, de stress, de sécurité intérieure.

Ce qui a réveillé (exacerbé) les compensations émotionnelles alimentaires (chez moi)

Il y a quatre ans, je suis devenu papa.

Et c’est là que quelque chose s’est réveillé, très fort :
un sentiment d’enfermement, de contrainte, de devoir faire pour les autres, de ne pas être libre.

Pas en permanence.
Mais parfois de façon très spectaculaire : désespoir, gros clash, sensation de “please help”.

Et avec ça, des compensations dans la nourriture.

Ce que je veux dire, ce n’est pas “la parentalité rend tout le monde comme ça”.
C’est plutôt : certaines situations de vie peuvent réveiller des zones sensibles… anciennes.

Quand la vie réactive des zones sensibles (couple, travail, responsabilités…)

Même si tu n’es pas parent,
même si ce n’est pas cette situation-là que tu vis,
le mécanisme peut être exactement le même.

Il y a des moments dans la vie où l’on se sent :

  • coincé

  • engagé sans échappatoire

  • sous pression

  • sans espace

Dans le couple.
Au travail.
Dans certaines responsabilités.
Dans certaines obligations.

Et ces situations peuvent réveiller, sans prévenir, des zones anciennes, fragiles.
Ce n’est pas toujours logique.
Ce n’est pas toujours conscient.
Mais c’est réel.

Et très souvent, la nourriture devient une manière de tenir.
Pas parce qu’on est “faible”.
Mais parce qu’on cherche une issue.

🌀 Hyperphagie, compulsions, “je mange sans faim” : comprendre ce qui se joue vraiment

Il y a plusieurs façons de le dire :

Je mange trop.
Je mange sans faim.
Je n’arrive pas à m’arrêter.
Je grignote tout le temps.
Je mange en cachette.
Je perds le contrôle.

Peu importe les mots.
L’expérience, elle, est souvent la même :

👉 quelque chose prend le dessus.

Hyperphagie, compulsion alimentaire… on parle de quoi, concrètement ?

On entend parfois des termes comme :

  • hyperphagie

  • trouble hyperphagique

  • compulsion alimentaire

Ça peut faire peur.
Ou donner l’impression d’être “malade” ou “cassé”.

J’aimerais simplifier :

Quand on parle d’hyperphagie ou de compulsion alimentaire, on parle surtout de :
manger en grande quantité, sans faim réelle, avec une sensation de perte de contrôle.

Pas par plaisir.
Pas par gourmandise.
Mais parce que c’est plus fort que soi.

“Je mange sans faim” : un signal, pas un défaut

Beaucoup de personnes disent :
“Je ne comprends pas… je n’ai même pas faim.”

Et c’est justement ça.

Dans ces moments-là, tu ne nourris pas ton estomac.
Tu cherches à nourrir autre chose : une tension, un vide, une fatigue, une angoisse, un trop-plein.

Le corps cherche à se réguler.
Il prend ce qu’il connaît.
Ce qui est disponible.
Ce qui apaise un peu.

La nourriture.

“Je mange tout le temps” : quand le système est en alerte permanente

Quand les compulsions sont fréquentes,
quand tu as l’impression de penser à la nourriture toute la journée,
ce n’est pas forcément de l’obsession.

C’est souvent le signe d’un système qui ne se sent pas en sécurité.
Il ne se pose pas.
Il reste en tension.

Et dans ce contexte, la nourriture devient une béquille régulière.
Pas parce que tu es “dépendant”.
Mais parce que tu es fatigué de tenir.

“Je mange mes émotions” : quand l’émotion devient trop difficile à traverser

On dit parfois “je mange mes émotions”.
La formule est brute, mais elle pointe quelque chose de réel :

👉 dans certains moments, la nourriture sert à changer d’état.

Pas seulement à se nourrir.
À passer de “trop” à “supportable”.
À passer de “ça déborde” à “je tiens”.

Quand une émotion monte et que le corps n’a pas d’autre solution rapide,
il va vers ce qu’il connaît.

La nourriture peut alors servir à :

  • anesthésier (ne plus sentir)

  • remplir (combler un vide, une solitude, un manque de soutien)

  • poser (se calmer, redescendre)

  • distraire (couper le film intérieur)

  • se donner de la douceur quand il n’y en a pas ailleurs

Et c’est pour ça que certaines envies sont très spécifiques :
souvent du sucré, du gras, du croustillant, du “réconfortant”.
Parce que ça modifie l’état interne très vite.

Le problème, ce n’est pas que ça marche.
Le problème, c’est que ça marche trop bien… et que le système s’y accroche.

“Je mange en cachette” : quand manger devient un espace à soi

Manger en cachette n’est pas seulement une question de honte.
C’est souvent une question de sécurité.

Un espace où :

  • tu n’es pas observé

  • tu n’es pas jugé

  • tu n’as pas à te justifier

  • tu n’as pas à expliquer ce que tu ressens

  • tu n’as pas à tenir un rôle

C’est un moment où tu peux lâcher.
Lâcher la façade.
Lâcher l’adaptation.
Lâcher le contrôle.

Oui, la honte vient souvent après.
Mais sur le moment, c’est surtout un besoin de répit.
Un besoin d’être tranquille.
Un besoin d’avoir enfin un endroit à soi.

La vraie question n’est pas “comment arrêter de manger”

La vraie question n’est donc pas “comment me contrôler”,
mais qu’est-ce qui est trop pour mon système en ce moment.

La nourriture n’est pas un défaut de volonté.
C’est un signal de surcharge.

🌿 L’axe intestin–cerveau, l’inflammation, le brain fog : quand le corps dit stop

Quand on mange trop, trop vite, trop souvent, ou sous stress,
les effets ne sont pas que “dans la tête”.

  • Fatigue.

  • Brouillard mental.

  • Lourdeur.

  • Troubles digestifs.

  • Difficulté à réfléchir clairement.

Beaucoup parlent de brain fog (brouillard mental) : cette sensation d’avoir la tête dans du coton.
Ce n’est pas imaginaire.

L’axe intestin–cerveau : quand le stress dérègle la digestion

L’intestin et le cerveau sont en lien permanent.

Quand le stress est élevé,
la digestion se modifie.

Quand la digestion est perturbée,
le système nerveux devient plus irritable.

C’est ce qu’on appelle l’axe intestin–cerveau.


Autrement dit :
👉 ce que tu vis émotionnellement influence directement ce que ton corps digère.

Un système nerveux sous tension permanente :

  • digère moins bien

  • assimile moins bien

  • récupère moins bien

Même avec une alimentation “correcte”.

Perméabilité intestinale, inflammation et fatigue chronique

Beaucoup de personnes qui mangent trop ou mal se retrouvent à explorer la piste de la perméabilité intestinale.

Inflammation digestive.
Ballonnements.
Fatigue après les repas.
Brouillard mental.

Et parfois, cette piste est pertinente.

Mais ce que j’ai compris — chez moi comme chez beaucoup de personnes que j’accompagne —
c’est que cette perméabilité est souvent une conséquence, pas une cause.

Un système nerveux en stress chronique :

  • augmente l’inflammation

  • fragilise la muqueuse intestinale

  • perturbe la digestion

Le corps est en mode survie.
Pas en mode digestion.

Intolérance au gluten : cause réelle ou faux coupable ?

Quand on souffre de fatigue, de lourdeur ou de troubles digestifs,
l’intolérance au gluten est souvent pointée du doigt.

Parfois, arrêter le gluten soulage.
C'est le cas pour moi.
Parce qu’on réduit une charge supplémentaire sur un système déjà saturé.

Et en même temps, le problème n’est pas uniquement le gluten.

C’est l’état du système.

Manger du gluten quand on est en pleine forme, confiant, optimiste, en sécurité sur différents plans de sa vie,
n’a pas le même effet que manger du gluten quand on est :

  • stressé

  • pressé

  • tendu

  • épuisé émotionnellement

Le corps ne réagit pas seulement à l’aliment.
Il réagit au contexte interne.

Produits laitiers, digestion difficile et surcharge du système

Même chose avec les produits laitiers.

Beaucoup d'entre nous sont intolérants au lactose.
Et cela peut être réel.

Quand le corps n’arrive plus à digérer,
ce n’est pas que le lactose.

C’est aussi la quantité,
la fréquence,
et surtout l’état nerveux depuis lequel on mange.

Un système sous pression assimile moins.
Il fait ce qu’il peut.

Problèmes de glycémie, pics de sucre et envies incontrôlables

Quand on parle de compulsions alimentaires,
la question de la glycémie revient très souvent.

Pics de sucre.
Hypoglycémie réactionnelle.
Envies incontrôlables de sucré.
Fatigue après les repas.

De mon côté, je suis même allé assez loin.

J’ai acheté un capteur glycémique Bluetooth,
pour mesurer mon taux de glycémie après avoir mangé.

Je voulais comprendre.
Objectiver.
Voir si tout venait de là.

Résultat ?
👉 Rien de particulier. RAS. 😅

Ma glycémie était globalement stable.

Et ça a été une vraie prise de conscience.

Parce que malgré une glycémie correcte,
les compulsions étaient là.

Ce que ça m’a montré, très clairement,
c’est que le problème n’était pas seulement métabolique.

Il était nerveux et émotionnel.

Quand on traite les symptômes sans écouter la cause

Chercher du côté :

  • du gluten

  • des produits laitiers

  • de la glycémie

  • des compléments

  • des protocoles alimentaires

peut aider (cela a été le cas pour moi)… jusqu’à un certain point.

Mais, si on ne regarde pas :

  • le stress chronique

  • la surcharge émotionnelle

  • l’histoire du corps

  • les mécanismes de compensation anciens

les symptômes reviennent.

Sous une autre forme.

Parce que le message n’a pas encore été entendu.

🧩 Quand une charge émotionnelle s’inscrit dans le corps (même si tu n’appelles pas ça un trauma)

Le mot trauma fait souvent réagir.

Beaucoup de personnes se disent :

“Je n’ai rien vécu de grave.”
“Mon enfance était normale.”
“D’autres ont vécu bien pire.”

Et si tu penses ça, tu n’es pas seul.
C’est exactement ce que je pensais moi aussi.

On n’a pas besoin d’avoir vécu “quelque chose de grave” pour que ça marque

Quand on est enfant,
le système nerveux est encore en construction.

Il n’a pas :

  • le recul

  • les mots

  • les ressources

  • la capacité de relativiser

Ce qui peut sembler anodin pour un adulte
peut être vécu très intensément par un enfant.

Un manque de présence.
Une solitude répétée.
Un environnement émotionnel tendu.
L’absence d’espace pour dire ce qu’on ressent.
Le fait de devoir “se débrouiller seul”.

Ce ne sont pas forcément des événements spectaculaires.
Mais ce sont des expériences répétées.

Et le corps apprend.

Ce que le corps apprend, il le garde en mémoire

Quand une émotion est trop forte, trop fréquente, ou trop seule,
le système nerveux cherche à s’adapter.

Il apprend à :

  • se couper

  • se calmer seul

  • se distraire

  • se remplir

  • ne pas trop sentir

Ces apprentissages ne passent pas par la tête.
Ils passent par le corps.

Et une fois qu’ils sont là,
ils continuent de fonctionner à l’âge adulte.

Même quand on a “compris”.
Même quand on va mieux.
Même quand la situation a changé.

Parfois, ce n’est pas flou : c’est inaccessible

Il y a aussi une autre réalité, moins connue.

Parfois, ce qui a été vécu était trop intense
pour être pleinement enregistré consciemment.

Alors le système a fait ce qu’il savait faire pour survivre :
il a mis à distance.

Pas par choix.
Par protection.

Dans ces cas-là,
on peut avoir l’impression de n’avoir “rien vécu”,
tout en portant dans le corps :

  • une hypervigilance

  • une anxiété diffuse

  • une difficulté à se poser

  • un besoin constant de se calmer

Le souvenir n’est pas accessible.
Mais l’impact, lui, est bien là.

Quand la nourriture devient un outil appris très tôt

Si, à un moment de la vie,
la nourriture a permis :

  • de se calmer

  • de se consoler

  • de se remplir

  • de ne pas sentir

alors le corps l’a enregistrée comme une solution.

Pas comme un problème.
Comme une ressource.

Une ressource imparfaite.
Coûteuse.
Mais disponible.

Et ce que le corps a appris très tôt,
il continue de l’utiliser plus tard…
surtout quand le stress revient.

Le présent réactive, le passé fournit la charge

C’est pour ça que certaines situations actuelles déclenchent des réactions très fortes.

Pas parce qu’elles sont “trop graves”.
Mais parce qu’elles touchent une charge ancienne.

La situation présente agit comme un interrupteur.
Ce qu’elle allume, lui, vient de plus loin.

Et la nourriture sert alors à gérer ce trop-plein,
pas celui d’aujourd’hui seulement,
mais celui qui n’a jamais vraiment pu être digéré.

Comprendre ça change profondément le regard sur soi

Quand on voit les choses comme ça,
on arrête de se dire :

« Quel est mon problème ? »

Et on commence à se dire :

« Qu’est-ce que mon corps essaie de gérer depuis longtemps ? »

Ce n’est plus une lutte.
C’est une lecture.

Et cette lecture ouvre une autre voie.

🔄 Quand une compulsion alimentaire revient

(même quand on a avancé)

Il y a quelque chose que je trouve essentiel de dire.

Aller mieux ne veut pas dire
que tout disparaît une bonne fois pour toutes.

Comprendre.
Mettre de la conscience.
Faire un travail en profondeur.
Avancer sur ses blessures.

Tout ça change énormément de choses.
Mais ça ne rend pas invulnérable.

Quand ça revient, on croit souvent qu’on “régresse”

Quand une compulsion alimentaire revient,
beaucoup de personnes se disent :

“Ça y est, je replonge.”

“Tout ce travail n’a servi à rien.”

“Je pensais être passé à autre chose.”

Et la honte revient vite.
Avec la peur.
Avec le découragement.

Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe.

Pourquoi parfois c’est une couche plus profonde (et pas juste la même)

Il y a une dynamique très connue en travail somatique / trauma / attachement :

Le système ne libère que ce qu’il se sent capable de contenir.

Tant que la sécurité interne est insuffisante,
certaines couches restent… inaccessibles.

Pas parce qu’on les évite volontairement.
Mais parce que le système nerveux ne peut pas encore les traiter sans se désorganiser.

Donc ce qui se passe souvent, c’est :

  • tu travailles une première couche (plus accessible)

  • tu gagnes en stabilité, en ressources, en sécurité

  • et alors seulement une couche plus ancienne / plus primitive / plus enfouie peut émerger

Et là, la compulsion peut revenir,
non pas comme répétition,
mais comme accès à quelque chose qui n’était pas disponible avant.

Dans ces cas-là, oui :
👉 ce n’est pas la même zone
👉 ce n’est pas le même âge émotionnel
👉 ce n’est pas la même charge

Certaines personnes peuvent sentir la différence intérieurement :
c’est plus archaïque, plus flou, plus “sans mots”, plus corporel.

Ce n’est pas une règle.

Mais c’est une lecture utile quand on sent que ce n’est pas la même qualité intérieure

Et pourquoi parfois… c’est juste la même zone

À l’inverse, il y a aussi une réalité très simple :

Certaines blessures demandent du temps, des passages répétés, des expériences correctrices multiples.

Ce n’est pas “une couche plus profonde”.
C’est la même porte, qu’on frappe encore, avec plus de conscience.

Parce que :

  • la vie la réactive

  • le contexte la sollicite

  • l’environnement n’a pas encore changé

  • ou la sécurité n’est pas encore assez stable autour

Et là, la compulsion revient non pas pour montrer plus profond,
mais parce que ce n’est pas encore suffisamment intégré.

Mon expérience : quand comprendre ne suffit pas toujours

Il m’arrive encore, parfois,
de manger bien plus que ce dont mon corps a besoin.

Récemment, par exemple,
après une contrariété, une situation qui ne se passait pas comme je l’espérais,
je me suis retrouvé à manger cinq grosses galettes de maïs (pas les petites galettes légères).

Sur le moment, j’ai vu le réflexe.
L’automatisme.

Et oui…
le jugement est venu.
La culpabilité aussi.
La petite violence intérieure, familière.

Pas en mode raz-de-marée.
Mais bien là.

Et surtout, ça ne s’est pas arrêté là.

Une autre contrariété est arrivée.
Puis une situation plus longue.
Deux jours dans un endroit où je n’avais pas envie d’être.

Mon système s’est mis en lutte.

“Je n’ai pas envie d’être là.”
“Je n’aurais pas dû accepter.”
“Je ne m’écoute pas.”

Et très concrètement :
👉 j’avais envie de manger tout le temps.

Pas par plaisir.
Pas par gourmandise.
Mais parce que mon corps cherchait une sortie.

Être conscient du problème, ça aide ?

Je trouve important de le dire clairement :

La conscience du problème ne fait pas tout disparaître.

Elle n’empêche pas toujours la compulsion.
Elle n’évite pas toujours l’escalade.

Mais elle change quelque chose d’essentiel.

Elle permet de ne pas se raconter d’histoires.
De voir ce qui se joue.
De comprendre que ce n’est pas “n’importe quoi”.

La nourriture comme signal, pas comme faute

Dans ces moments-là,
je vois de plus en plus clairement que la nourriture
n’est pas le problème.

Elle est le signal.

Le signal qu’une partie de moi :

  • est en lutte

  • est coincée

  • n’a pas envie d’être là

  • se sent obligée

  • cherche une échappatoire

Et tant que je réponds à ce signal uniquement par du contrôle ou du jugement,
le système se crispe davantage.

Le chemin n’est pas magique.
Il est progressif.

Avancer, ce n’est pas sortir du problème, c’est changer la relation

Je crois que c’est ça, le vrai déplacement.

Avancer, ce n’est pas :

  • ne plus jamais manger trop

  • ne plus jamais compenser

  • être “réglé une fois pour toutes”

Avancer, c'est :

  • reconnaître plus vite ce qui se passe

  • comprendre d’où ça vient

  • arrêter de se traiter comme un ennemi

  • élargir, petit à petit, les options de régulation

Pourquoi le travail thérapeutique est décisif

La conscience aide.
La douceur aide.
La présence aide.

Mais si on s’arrête là, le système continue souvent à rejouer les mêmes boucles.

Parce que ce qui se réactive dans ces moments-là
ne vient pas seulement du présent.

Ça vient de charges émotionnelles anciennes,
souvent installées très tôt,
parfois sans souvenirs clairs,
mais bien inscrites dans le corps.

Dans ces moments de lutte,
ce n’est pas “l’adulte conscient” qui mange.

C’est une part plus ancienne,
qui n’a jamais vraiment été aidée à traverser ce qu’elle a vécu.

C’est là que le travail thérapeutique profond change la donne.

Pas un travail uniquement mental.
Pas seulement “comprendre”.

Mais un travail qui permet :

  • de sentir en sécurité ce qui ne l’a jamais été

  • de traverser des émotions bloquées

  • de remettre du mouvement là où il y a eu figement

  • de libérer progressivement les charges stockées dans le corps

Quand ce travail se fait à la racine,
quelque chose s’apaise durablement.

Pas parce qu’on se contrôle mieux.
Mais parce que le système n’a plus autant besoin de compenser.

Ce que j’ai appris sur mon propre chemin

Avec le recul, je vois très clairement une chose.

Ce n’est pas le fait d’avoir compris
ni même le fait d’avoir développé de la compassion
qui a fait la plus grande différence.

C’est le moment où j’ai commencé à travailler là où ça faisait vraiment mal,
là où je n’avais pas accès avant,
là où mon système s’était organisé pour survivre.

À partir de là,
les épisodes ont commencé à s’espacer.

L’intensité a diminué.
La vie a repris de la place.

Pas de manière magique.
Mais de manière progressive et réelle.

🤍 Quand une part de toi cherche du réconfort : sécurité, douceur et nourriture

À force de regarder ces mécanismes de près,
une chose devient assez claire.

Quand tu manges trop,
quand tu compenses,
quand tu cherches quelque chose dans la nourriture,
ce n’est pas seulement une question de faim.

C’est souvent une part de toi
qui cherche à se sentir en sécurité.

Une part qui cherche à être apaisée, pas corrigée

Cette part cherche :

  • à être contenue

  • à être apaisée

  • à recevoir de la douceur

  • à ne pas être seule avec ce qu’elle traverse

Et parfois, la nourriture est le seul langage qu’elle connaît.

Ce n’est pas une “mauvaise” part.
Ce n’est pas une part immature ou capricieuse.

C’est une part en manque.

Cette part s’est souvent construite très tôt

Très souvent, cette part s’est organisée dans des moments où :

  • il n’y avait pas assez de présence

  • pas assez d’écoute

  • pas assez de soutien émotionnel

  • pas assez de sécurité

Alors elle a appris à se débrouiller seule.

Et la nourriture a pris cette place-là :

  • quelque chose de constant

  • de prévisible

  • de disponible

  • qui apaise un peu

Même si ce n’était pas idéal.
Même si ce n’était pas suffisant.

Chercher du réconfort n’est pas le problème

On confond souvent deux choses :

• le besoin de réconfort

• la manière de l’obtenir

Le besoin, lui, est fondamental.
Humain.
Universel.

Ce n’est pas un défaut.
Ce n’est pas une faiblesse.

Ce qui devient problématique,
c’est quand la nourriture devient le seul moyen d’y répondre.

Pas parce que tu fais mal.
Mais parce que ton système n’a pas appris autre chose.

La sécurité ne se décrète pas, elle se construit (et parfois, elle se répare)

La sécurité ne passe pas par la tête.
Elle passe par le corps.

Et quand elle n’a pas été suffisamment construite ou réparée tôt,
elle ne se reconstruit pas par la volonté.

Elle se construit dans l’expérience,
dans la relation,
et dans un travail qui aide le système nerveux à sortir progressivement de la survie.

En attendant, le corps a besoin de tenir

Et c’est important de le dire clairement.

Même quand on est engagé dans un travail thérapeutique profond,
le chemin prend du temps.

Pendant ce temps-là,
le corps continue de chercher des solutions pour tenir.

La douceur, la présence, les ressources de régulation
ne sont pas des “solutions miracles”.

Elles sont des appuis.

Elles permettent au système :

  • de ne pas se crisper davantage

  • de ne pas se violenter

  • de traverser le processus sans s’effondrer

Le chemin n’est pas de retirer la nourriture, mais de lui enlever tout le poids

Le vrai changement ne consiste pas à enlever la nourriture.

Il consiste à :

• travailler à la racine ce qui a créé le besoin de compenser

  • • ajouter progressivement d’autres formes de sécurité et de réconfort

Plus le système se sent en sécurité en profondeur,
moins la nourriture porte tout le poids.

Elle perd progressivement son rôle central.

Pas par effort.
Pas par contrôle.
Mais parce qu’elle n’est plus la seule option.

Ce n’est pas un combat. C’est une relation à transformer.

Plus tu te bats contre cette part de toi,
plus elle se crispe.

Quand tu commences à la reconnaître comme :

“une part qui cherche de la sécurité,

et qui a de bonnes raisons de le faire”

quelque chose change.

Pas d’un coup.
Pas parfaitement.

Mais suffisamment pour ouvrir un autre chemin.

🌱 Tu n’es pas cassé : tu es en adaptation

👉 ce que tu vis n’est pas un dysfonctionnement.
👉 C’est une adaptation.

Le problème n’est pas d’avoir compensé.
Le problème, c’est de rester seul avec ça.

Éclairer plutôt que lutter

Tout au long de cet article,
l’idée n’était pas de te dire quoi faire.

Mais de t’aider à voir autrement ce que tu vis.

Parce que la compréhension apaise déjà.

Et qu’elle ouvre la porte à autre chose que la répétition automatique.

Et si tu n’avais pas à traverser ça seul·e

Si tu te reconnais dans ce que tu as lu,
si tu sens que ça résonne profondément,
si tu as l’impression de tourner en rond malgré tous tes efforts,

sache une chose importante :

👉 il est possible d’apprendre à se réguler autrement.
👉 pas en forçant, pas en contrôlant, pas en luttant.
👉 mais en construisant, petit à petit, plus de sécurité à l’intérieur.

C’est exactement ce que je propose dans mes accompagnements psycho-corporels.

Un espace pour :

  • comprendre ce qui se joue réellement

  • écouter le corps plutôt que le combattre

  • traverser les moments de débordement avec plus de sécurité

  • élargir progressivement les ressources disponibles

  • sortir du pilotage automatique, sans violence

Je n’accompagne pas depuis une posture de “celui qui a tout réglé”,
mais depuis un chemin vécu, travaillé, compris,
et aujourd’hui transmis.

Si tu veux aller plus loin

Si tu sens que c’est le bon moment pour toi,
tu peux trouver les informations sur mes accompagnements
(et éventuellement prendre contact)
sur mon site.

Prends le temps.
Écoute ton rythme.
Il n’y a rien à forcer.

Et quoi qu’il en soit,
j’espère que ces mots auront déjà apporté
un peu de clarté,
un peu de douceur,
et peut-être un regard différent sur ce que tu traverses.

🧭 Tu n’es pas seul·e.

❓ FAQ – Troubles du comportement alimentaire, hyperphagie et émotions

  • Pourquoi je mange trop alors que je n’ai pas faim ?

    Parce que ce n’est pas une faim physique.
    Manger trop sert souvent à calmer une tension émotionnelle, un stress, une fatigue ou un trop-plein intérieur que le corps ne sait pas encore réguler autrement.

  • Pourquoi je mange sans pouvoir m’arrêter ?

    Quand le système nerveux est débordé, la nourriture peut devenir un réflexe automatique.
    Ce n’est pas un manque de volonté, mais une tentative de soulagement rapide.

  • Est-ce que j’ai de l’hyperphagie ?

    L’hyperphagie correspond à des prises alimentaires importantes, sans faim réelle, avec une perte de contrôle.
    Mais le plus important n’est pas le mot : c’est de comprendre à quoi sert ce comportement dans ton système.

  • Quelle est la différence entre hyperphagie, boulimie et compulsions alimentaires ?

    La boulimie inclut généralement des comportements compensatoires (vomissements, restrictions).
    L’hyperphagie et les compulsions alimentaires concernent surtout le fait de manger trop, sans compensation.
    Dans tous les cas, il s’agit de stratégies de régulation émotionnelle.

  • Pourquoi je mange quand je suis stressé ou anxieux ?

    Parce que manger fait baisser temporairement l’activation du système nerveux.
    C’est une façon rapide d’apaiser l’anxiété, même si l’effet ne dure pas.

  • Pourquoi je mange quand je suis triste ou découragé ?

    La nourriture peut apporter une sensation de réconfort quand l’émotion est trop difficile à traverser.
    Ce n’est pas aimer la tristesse, c’est ne pas savoir quoi en faire autrement.

  • Est-ce que “manger ses émotions” est une vraie chose ?

    Oui, dans le sens où l’on mange pour modifier un état émotionnel, pas pour se nourrir.
    La nourriture devient un outil de régulation.

  • Pourquoi je mange en cachette ?

    Manger en cachette est souvent lié à un besoin d’espace et de sécurité.
    Un moment sans regard extérieur, sans justification, sans pression.

  • La perméabilité intestinale peut-elle provoquer des compulsions alimentaires ?

    Il peut y avoir un lien, mais la perméabilité intestinale est souvent une conséquence du stress chronique, pas la cause principale des compulsions.

  • L’intolérance au gluten ou au lactose explique-t-elle que je mange trop ?

    Parfois, réduire certains aliments soulage le corps.
    Mais très souvent, le problème n’est pas l’aliment en lui-même, mais l’état de stress dans lequel on mange.

  • Les problèmes de glycémie peuvent-ils expliquer mes envies incontrôlables ?

    Les variations de glycémie peuvent influencer l’appétit.
    Mais quand la glycémie est stable et que les compulsions persistent, le facteur émotionnel et nerveux est central.

  • Pourquoi les compulsions alimentaires reviennent même quand ça va mieux ?

    Parce que la guérison n’est pas linéaire.
    Quand une compulsion revient, ce n’est pas forcément une rechute, mais l’activation d’une charge plus ancienne.

  • Est-ce que les compulsions alimentaires viennent toujours de l’enfance ?

    Les situations actuelles déclenchent souvent le comportement,
    mais les mécanismes de régulation peuvent s’être construits plus tôt, parfois sans souvenir conscient.

  • Est-ce que c’est psychologique ou corporel ?

    Les deux sont liés, mais le processus est avant tout corporel et nerveux.
    Le corps cherche à se réguler avant que la tête comprenne.

  • La thérapie psycho-corporelle peut-elle aider à l’hyperphagie ?

    Oui, parce qu’elle travaille sur la régulation du système nerveux, pas sur le contrôle alimentaire.
    Elle aide aussi à développer d’autres ressources que la nourriture.

  • Est-ce possible d’aller mieux sans arrêter définitivement de compenser ?

    Oui.
    Le chemin n’est pas d’être parfait, mais d’apprendre à reconnaître plus tôt les moments de débordement et à les traverser avec plus de sécurité.

Cet article est une porte d’entrée.

Si tu sens que ce que tu viens de lire résonne,

voici différentes manières de continuer, selon ton rythme et là où tu en es.

🌿 Approfondir en autonomie

Si tu souhaites continuer à explorer par toi-même, la Tribu – Centre de Ressources Bien-Être rassemble des pratiques longues, méditations guidées, outils somatiques et de libération émotionnelle, tout cela en vidéo pour t’accompagner en douceur.

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Certaines expériences gagnent à être traversées dans un cadre plus soutenant.
L’accompagnement psycho-corporel (en ligne ou à Die, Drôme) permet de réguler le système nerveux, libérer des blocages et intégrer ce qui se vit dans le corps.

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Les stages sont des espaces pour vivre ces pratiques de manière plus immersive : mouvement, présence, partage, et expérimentation corporelle ensemble.


Pour celles et ceux qui traversent

Stress · Déprime · Anxiété · Blocage

Un chemin de retour vers
🧘‍♂️ Corps · 🌊 Émotions · 🔥 Énergie · 🤝 Relations authentiques
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Nathanaël
Thérapeute psycho-corporel
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