Manger trop sans faim = souvent une stratégie de régulation émotionnelle + nerveuse.
Si tu manges trop, sans faim réelle,
ce n’est pas un problème de volonté.
C’est souvent lié à :
des émotions difficiles à traverser
du stress ou de l’anxiété chronique
un système nerveux en surcharge
des mécanismes de compensation anciens
La nourriture peut alors devenir un moyen rapide de se calmer,
de se remplir,
ou de ne pas trop sentir.
Même si tu as déjà “compris des choses”,
même si ça va mieux par moments,
les compulsions peuvent revenir.
Ce n’est pas un échec : le chemin n’est pas linéaire.
Dans cet article, je t’explique :
pourquoi manger trop est souvent une adaptation, pas un défaut
le lien entre émotions, stress, corps et alimentation
le rôle du système nerveux, de l’axe intestin–cerveau et des automatismes
pourquoi le gluten, le lactose ou la glycémie ne sont pas toujours la vraie cause
et comment apprendre à se réguler autrement, avec plus de sécurité
👉 Tu n’es pas cassé·e.
👉 Ton corps fait de son mieux.
👉 Et il est possible d’élargir progressivement les ressources disponibles.
Comprendre vite → 🧠 Pourquoi je mange trop ? / 🧩 Charge émotionnelle / 🔄 Quand ça revient
Une piste concrète → 🤍 Réconfort : sécurité, douceur, nourriture
Tout lire → dans l’ordre, à ton rythme
tu manges trop, parfois sans faim réelle
tu compenses avec la nourriture quand ça déborde à l’intérieur
tu te reconnais dans l’hyperphagie, les compulsions alimentaires ou une relation compliquée à l’alimentation
tu as exploré des pistes comme le gluten, le lactose, la glycémie ou la perméabilité intestinale, sans que tout s’explique vraiment
tu sens un lien entre stress, anxiété, déprime, émotions et nourriture
tu as l’impression d’être souvent en pilotage automatique
tu veux comprendre ce qui se joue, pas seulement “arrêter” un comportement
Cet article peut aussi te parler si :
tu vas mieux qu’avant, mais que certains mécanismes reviennent
tu as fait du travail sur toi, sans forcément tout “régler”
tu veux sortir de l’idée que tout est une question de volonté ou de contrôle
👉 Il ne s’adresse pas aux personnes cherchant un régime, une méthode miracle, ou une promesse de guérison instantanée.
Ici, il est question de compréhension, de sécurité intérieure et d’un chemin progressif pour apprendre à se réguler autrement.
Pendant longtemps, je me suis posé la question en mode :
“Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?”
Et comme beaucoup, j’ai cherché des réponses du côté de :
la discipline
le contrôle
les règles
les “bons” et les “mauvais” aliments
Mais plus j’avançais, plus je voyais autre chose :
👉 manger trop n’est pas juste un problème de nourriture.
C’est souvent un problème de surcharge, de stress, de sécurité intérieure.
Il y a quatre ans, je suis devenu papa.
Et c’est là que quelque chose s’est réveillé, très fort :
un sentiment d’enfermement, de contrainte, de devoir faire pour les autres, de ne pas être libre.
Pas en permanence.
Mais parfois de façon très spectaculaire : désespoir, gros clash, sensation de “please help”.
Et avec ça, des compensations dans la nourriture.
Ce que je veux dire, ce n’est pas “la parentalité rend tout le monde comme ça”.
C’est plutôt : certaines situations de vie peuvent réveiller des zones sensibles… anciennes.
Même si tu n’es pas parent,
même si ce n’est pas cette situation-là que tu vis,
le mécanisme peut être exactement le même.
Il y a des moments dans la vie où l’on se sent :
coincé
engagé sans échappatoire
sous pression
sans espace
Dans le couple.
Au travail.
Dans certaines responsabilités.
Dans certaines obligations.
Et ces situations peuvent réveiller, sans prévenir, des zones anciennes, fragiles.
Ce n’est pas toujours logique.
Ce n’est pas toujours conscient.
Mais c’est réel.
Et très souvent, la nourriture devient une manière de tenir.
Pas parce qu’on est “faible”.
Mais parce qu’on cherche une issue.
Il y a plusieurs façons de le dire :
Je mange trop.
Je mange sans faim.
Je n’arrive pas à m’arrêter.
Je grignote tout le temps.
Je mange en cachette.
Je perds le contrôle.
Peu importe les mots.
L’expérience, elle, est souvent la même :
👉 quelque chose prend le dessus.
On entend parfois des termes comme :
hyperphagie
trouble hyperphagique
compulsion alimentaire
Ça peut faire peur.
Ou donner l’impression d’être “malade” ou “cassé”.
J’aimerais simplifier :
Quand on parle d’hyperphagie ou de compulsion alimentaire, on parle surtout de :
manger en grande quantité, sans faim réelle, avec une sensation de perte de contrôle.
Pas par plaisir.
Pas par gourmandise.
Mais parce que c’est plus fort que soi.
Beaucoup de personnes disent :
“Je ne comprends pas… je n’ai même pas faim.”
Et c’est justement ça.
Dans ces moments-là, tu ne nourris pas ton estomac.
Tu cherches à nourrir autre chose : une tension, un vide, une fatigue, une angoisse, un trop-plein.
Le corps cherche à se réguler.
Il prend ce qu’il connaît.
Ce qui est disponible.
Ce qui apaise un peu.
La nourriture.
Quand les compulsions sont fréquentes,
quand tu as l’impression de penser à la nourriture toute la journée,
ce n’est pas forcément de l’obsession.
C’est souvent le signe d’un système qui ne se sent pas en sécurité.
Il ne se pose pas.
Il reste en tension.
Et dans ce contexte, la nourriture devient une béquille régulière.
Pas parce que tu es “dépendant”.
Mais parce que tu es fatigué de tenir.
On dit parfois “je mange mes émotions”.
La formule est brute, mais elle pointe quelque chose de réel :
👉 dans certains moments, la nourriture sert à changer d’état.
Pas seulement à se nourrir.
À passer de “trop” à “supportable”.
À passer de “ça déborde” à “je tiens”.
Quand une émotion monte et que le corps n’a pas d’autre solution rapide,
il va vers ce qu’il connaît.
La nourriture peut alors servir à :
anesthésier (ne plus sentir)
remplir (combler un vide, une solitude, un manque de soutien)
poser (se calmer, redescendre)
distraire (couper le film intérieur)
se donner de la douceur quand il n’y en a pas ailleurs
Et c’est pour ça que certaines envies sont très spécifiques :
souvent du sucré, du gras, du croustillant, du “réconfortant”.
Parce que ça modifie l’état interne très vite.
Le problème, ce n’est pas que ça marche.
Le problème, c’est que ça marche trop bien… et que le système s’y accroche.
Manger en cachette n’est pas seulement une question de honte.
C’est souvent une question de sécurité.
Un espace où :
tu n’es pas observé
tu n’es pas jugé
tu n’as pas à te justifier
tu n’as pas à expliquer ce que tu ressens
tu n’as pas à tenir un rôle
C’est un moment où tu peux lâcher.
Lâcher la façade.
Lâcher l’adaptation.
Lâcher le contrôle.
Oui, la honte vient souvent après.
Mais sur le moment, c’est surtout un besoin de répit.
Un besoin d’être tranquille.
Un besoin d’avoir enfin un endroit à soi.
La vraie question n’est donc pas “comment me contrôler”,
mais qu’est-ce qui est trop pour mon système en ce moment.
La nourriture n’est pas un défaut de volonté.
C’est un signal de surcharge.
Quand on mange trop, trop vite, trop souvent, ou sous stress,
les effets ne sont pas que “dans la tête”.
Fatigue.
Brouillard mental.
Lourdeur.
Troubles digestifs.
Difficulté à réfléchir clairement.
Beaucoup parlent de brain fog (brouillard mental) : cette sensation d’avoir la tête dans du coton.
Ce n’est pas imaginaire.
L’intestin et le cerveau sont en lien permanent.
Quand le stress est élevé,
la digestion se modifie.
Quand la digestion est perturbée,
le système nerveux devient plus irritable.
C’est ce qu’on appelle l’axe intestin–cerveau.
Autrement dit :
👉 ce que tu vis émotionnellement influence directement ce que ton corps digère.
Un système nerveux sous tension permanente :
digère moins bien
assimile moins bien
récupère moins bien
Même avec une alimentation “correcte”.
Beaucoup de personnes qui mangent trop ou mal se retrouvent à explorer la piste de la perméabilité intestinale.
Inflammation digestive.
Ballonnements.
Fatigue après les repas.
Brouillard mental.
Et parfois, cette piste est pertinente.
Mais ce que j’ai compris — chez moi comme chez beaucoup de personnes que j’accompagne —
c’est que cette perméabilité est souvent une conséquence, pas une cause.
Un système nerveux en stress chronique :
augmente l’inflammation
fragilise la muqueuse intestinale
perturbe la digestion
Le corps est en mode survie.
Pas en mode digestion.
Quand on souffre de fatigue, de lourdeur ou de troubles digestifs,
l’intolérance au gluten est souvent pointée du doigt.
Parfois, arrêter le gluten soulage.
C'est le cas pour moi.
Parce qu’on réduit une charge supplémentaire sur un système déjà saturé.
Et en même temps, le problème n’est pas uniquement le gluten.
C’est l’état du système.
Manger du gluten quand on est en pleine forme, confiant, optimiste, en sécurité sur différents plans de sa vie,
n’a pas le même effet que manger du gluten quand on est :
stressé
pressé
tendu
épuisé émotionnellement
Le corps ne réagit pas seulement à l’aliment.
Il réagit au contexte interne.
Même chose avec les produits laitiers.
Beaucoup d'entre nous sont intolérants au lactose.
Et cela peut être réel.
Quand le corps n’arrive plus à digérer,
ce n’est pas que le lactose.
C’est aussi la quantité,
la fréquence,
et surtout l’état nerveux depuis lequel on mange.
Un système sous pression assimile moins.
Il fait ce qu’il peut.
Quand on parle de compulsions alimentaires,
la question de la glycémie revient très souvent.
Pics de sucre.
Hypoglycémie réactionnelle.
Envies incontrôlables de sucré.
Fatigue après les repas.
De mon côté, je suis même allé assez loin.
J’ai acheté un capteur glycémique Bluetooth,
pour mesurer mon taux de glycémie après avoir mangé.
Je voulais comprendre.
Objectiver.
Voir si tout venait de là.
Résultat ?
👉 Rien de particulier. RAS. 😅
Ma glycémie était globalement stable.
Et ça a été une vraie prise de conscience.
Parce que malgré une glycémie correcte,
les compulsions étaient là.
Ce que ça m’a montré, très clairement,
c’est que le problème n’était pas seulement métabolique.
Il était nerveux et émotionnel.
Chercher du côté :
du gluten
des produits laitiers
de la glycémie
des compléments
des protocoles alimentaires
peut aider (cela a été le cas pour moi)… jusqu’à un certain point.
Mais, si on ne regarde pas :
le stress chronique
la surcharge émotionnelle
l’histoire du corps
les mécanismes de compensation anciens
les symptômes reviennent.
Sous une autre forme.
Parce que le message n’a pas encore été entendu.
Le mot trauma fait souvent réagir.
Beaucoup de personnes se disent :
“Je n’ai rien vécu de grave.”
“Mon enfance était normale.”
“D’autres ont vécu bien pire.”
Et si tu penses ça, tu n’es pas seul.
C’est exactement ce que je pensais moi aussi.
Quand on est enfant,
le système nerveux est encore en construction.
Il n’a pas :
le recul
les mots
les ressources
la capacité de relativiser
Ce qui peut sembler anodin pour un adulte
peut être vécu très intensément par un enfant.
Un manque de présence.
Une solitude répétée.
Un environnement émotionnel tendu.
L’absence d’espace pour dire ce qu’on ressent.
Le fait de devoir “se débrouiller seul”.
Ce ne sont pas forcément des événements spectaculaires.
Mais ce sont des expériences répétées.
Et le corps apprend.
Quand une émotion est trop forte, trop fréquente, ou trop seule,
le système nerveux cherche à s’adapter.
Il apprend à :
se couper
se calmer seul
se distraire
se remplir
ne pas trop sentir
Ces apprentissages ne passent pas par la tête.
Ils passent par le corps.
Et une fois qu’ils sont là,
ils continuent de fonctionner à l’âge adulte.
Même quand on a “compris”.
Même quand on va mieux.
Même quand la situation a changé.
Il y a aussi une autre réalité, moins connue.
Parfois, ce qui a été vécu était trop intense
pour être pleinement enregistré consciemment.
Alors le système a fait ce qu’il savait faire pour survivre :
il a mis à distance.
Pas par choix.
Par protection.
Dans ces cas-là,
on peut avoir l’impression de n’avoir “rien vécu”,
tout en portant dans le corps :
une hypervigilance
une anxiété diffuse
une difficulté à se poser
un besoin constant de se calmer
Le souvenir n’est pas accessible.
Mais l’impact, lui, est bien là.
Si, à un moment de la vie,
la nourriture a permis :
de se calmer
de se consoler
de se remplir
de ne pas sentir
alors le corps l’a enregistrée comme une solution.
Pas comme un problème.
Comme une ressource.
Une ressource imparfaite.
Coûteuse.
Mais disponible.
Et ce que le corps a appris très tôt,
il continue de l’utiliser plus tard…
surtout quand le stress revient.
C’est pour ça que certaines situations actuelles déclenchent des réactions très fortes.
Pas parce qu’elles sont “trop graves”.
Mais parce qu’elles touchent une charge ancienne.
La situation présente agit comme un interrupteur.
Ce qu’elle allume, lui, vient de plus loin.
Et la nourriture sert alors à gérer ce trop-plein,
pas celui d’aujourd’hui seulement,
mais celui qui n’a jamais vraiment pu être digéré.
Quand on voit les choses comme ça,
on arrête de se dire :
« Quel est mon problème ? »
Et on commence à se dire :
« Qu’est-ce que mon corps essaie de gérer depuis longtemps ? »
Ce n’est plus une lutte.
C’est une lecture.
Et cette lecture ouvre une autre voie.
Il y a quelque chose que je trouve essentiel de dire.
Aller mieux ne veut pas dire
que tout disparaît une bonne fois pour toutes.
Comprendre.
Mettre de la conscience.
Faire un travail en profondeur.
Avancer sur ses blessures.
Tout ça change énormément de choses.
Mais ça ne rend pas invulnérable.
Quand une compulsion alimentaire revient,
beaucoup de personnes se disent :
“Ça y est, je replonge.”
“Tout ce travail n’a servi à rien.”
“Je pensais être passé à autre chose.”
Et la honte revient vite.
Avec la peur.
Avec le découragement.
Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe.
Il y a une dynamique très connue en travail somatique / trauma / attachement :
Le système ne libère que ce qu’il se sent capable de contenir.
Tant que la sécurité interne est insuffisante,
certaines couches restent… inaccessibles.
Pas parce qu’on les évite volontairement.
Mais parce que le système nerveux ne peut pas encore les traiter sans se désorganiser.
Donc ce qui se passe souvent, c’est :
tu travailles une première couche (plus accessible)
tu gagnes en stabilité, en ressources, en sécurité
et alors seulement une couche plus ancienne / plus primitive / plus enfouie peut émerger
Et là, la compulsion peut revenir,
non pas comme répétition,
mais comme accès à quelque chose qui n’était pas disponible avant.
Dans ces cas-là, oui :
👉 ce n’est pas la même zone
👉 ce n’est pas le même âge émotionnel
👉 ce n’est pas la même charge
Certaines personnes peuvent sentir la différence intérieurement :
c’est plus archaïque, plus flou, plus “sans mots”, plus corporel.
Ce n’est pas une règle.
Mais c’est une lecture utile quand on sent que ce n’est pas la même qualité intérieure
À l’inverse, il y a aussi une réalité très simple :
Certaines blessures demandent du temps, des passages répétés, des expériences correctrices multiples.
Ce n’est pas “une couche plus profonde”.
C’est la même porte, qu’on frappe encore, avec plus de conscience.
Parce que :
la vie la réactive
le contexte la sollicite
l’environnement n’a pas encore changé
ou la sécurité n’est pas encore assez stable autour
Et là, la compulsion revient non pas pour montrer plus profond,
mais parce que ce n’est pas encore suffisamment intégré.
Il m’arrive encore, parfois,
de manger bien plus que ce dont mon corps a besoin.
Récemment, par exemple,
après une contrariété, une situation qui ne se passait pas comme je l’espérais,
je me suis retrouvé à manger cinq grosses galettes de maïs (pas les petites galettes légères).
Sur le moment, j’ai vu le réflexe.
L’automatisme.
Et oui…
le jugement est venu.
La culpabilité aussi.
La petite violence intérieure, familière.
Pas en mode raz-de-marée.
Mais bien là.
Et surtout, ça ne s’est pas arrêté là.
Une autre contrariété est arrivée.
Puis une situation plus longue.
Deux jours dans un endroit où je n’avais pas envie d’être.
Mon système s’est mis en lutte.
“Je n’ai pas envie d’être là.”
“Je n’aurais pas dû accepter.”
“Je ne m’écoute pas.”
Et très concrètement :
👉 j’avais envie de manger tout le temps.
Pas par plaisir.
Pas par gourmandise.
Mais parce que mon corps cherchait une sortie.
Je trouve important de le dire clairement :
La conscience du problème ne fait pas tout disparaître.
Elle n’empêche pas toujours la compulsion.
Elle n’évite pas toujours l’escalade.
Mais elle change quelque chose d’essentiel.
Elle permet de ne pas se raconter d’histoires.
De voir ce qui se joue.
De comprendre que ce n’est pas “n’importe quoi”.
Dans ces moments-là,
je vois de plus en plus clairement que la nourriture
n’est pas le problème.
Elle est le signal.
Le signal qu’une partie de moi :
est en lutte
est coincée
n’a pas envie d’être là
se sent obligée
cherche une échappatoire
Et tant que je réponds à ce signal uniquement par du contrôle ou du jugement,
le système se crispe davantage.
Le chemin n’est pas magique.
Il est progressif.
Je crois que c’est ça, le vrai déplacement.
Avancer, ce n’est pas :
ne plus jamais manger trop
ne plus jamais compenser
être “réglé une fois pour toutes”
Avancer, c'est :
reconnaître plus vite ce qui se passe
comprendre d’où ça vient
arrêter de se traiter comme un ennemi
élargir, petit à petit, les options de régulation
La conscience aide.
La douceur aide.
La présence aide.
Mais si on s’arrête là, le système continue souvent à rejouer les mêmes boucles.
Parce que ce qui se réactive dans ces moments-là
ne vient pas seulement du présent.
Ça vient de charges émotionnelles anciennes,
souvent installées très tôt,
parfois sans souvenirs clairs,
mais bien inscrites dans le corps.
Dans ces moments de lutte,
ce n’est pas “l’adulte conscient” qui mange.
C’est une part plus ancienne,
qui n’a jamais vraiment été aidée à traverser ce qu’elle a vécu.
C’est là que le travail thérapeutique profond change la donne.
Pas un travail uniquement mental.
Pas seulement “comprendre”.
Mais un travail qui permet :
de sentir en sécurité ce qui ne l’a jamais été
de traverser des émotions bloquées
de remettre du mouvement là où il y a eu figement
de libérer progressivement les charges stockées dans le corps
Quand ce travail se fait à la racine,
quelque chose s’apaise durablement.
Pas parce qu’on se contrôle mieux.
Mais parce que le système n’a plus autant besoin de compenser.
Avec le recul, je vois très clairement une chose.
Ce n’est pas le fait d’avoir compris
ni même le fait d’avoir développé de la compassion
qui a fait la plus grande différence.
C’est le moment où j’ai commencé à travailler là où ça faisait vraiment mal,
là où je n’avais pas accès avant,
là où mon système s’était organisé pour survivre.
À partir de là,
les épisodes ont commencé à s’espacer.
L’intensité a diminué.
La vie a repris de la place.
Pas de manière magique.
Mais de manière progressive et réelle.
À force de regarder ces mécanismes de près,
une chose devient assez claire.
Quand tu manges trop,
quand tu compenses,
quand tu cherches quelque chose dans la nourriture,
ce n’est pas seulement une question de faim.
C’est souvent une part de toi
qui cherche à se sentir en sécurité.
Cette part cherche :
à être contenue
à être apaisée
à recevoir de la douceur
à ne pas être seule avec ce qu’elle traverse
Et parfois, la nourriture est le seul langage qu’elle connaît.
Ce n’est pas une “mauvaise” part.
Ce n’est pas une part immature ou capricieuse.
C’est une part en manque.
Très souvent, cette part s’est organisée dans des moments où :
il n’y avait pas assez de présence
pas assez d’écoute
pas assez de soutien émotionnel
pas assez de sécurité
Alors elle a appris à se débrouiller seule.
Et la nourriture a pris cette place-là :
quelque chose de constant
de prévisible
de disponible
qui apaise un peu
Même si ce n’était pas idéal.
Même si ce n’était pas suffisant.
On confond souvent deux choses :
• le besoin de réconfort
• la manière de l’obtenir
Le besoin, lui, est fondamental.
Humain.
Universel.
Ce n’est pas un défaut.
Ce n’est pas une faiblesse.
Ce qui devient problématique,
c’est quand la nourriture devient le seul moyen d’y répondre.
Pas parce que tu fais mal.
Mais parce que ton système n’a pas appris autre chose.
La sécurité ne passe pas par la tête.
Elle passe par le corps.
Et quand elle n’a pas été suffisamment construite ou réparée tôt,
elle ne se reconstruit pas par la volonté.
Elle se construit dans l’expérience,
dans la relation,
et dans un travail qui aide le système nerveux à sortir progressivement de la survie.
Et c’est important de le dire clairement.
Même quand on est engagé dans un travail thérapeutique profond,
le chemin prend du temps.
Pendant ce temps-là,
le corps continue de chercher des solutions pour tenir.
La douceur, la présence, les ressources de régulation
ne sont pas des “solutions miracles”.
Elles sont des appuis.
Elles permettent au système :
de ne pas se crisper davantage
de ne pas se violenter
de traverser le processus sans s’effondrer
Le vrai changement ne consiste pas à enlever la nourriture.
Il consiste à :
• travailler à la racine ce qui a créé le besoin de compenser
• ajouter progressivement d’autres formes de sécurité et de réconfort
Plus le système se sent en sécurité en profondeur,
moins la nourriture porte tout le poids.
Elle perd progressivement son rôle central.
Pas par effort.
Pas par contrôle.
Mais parce qu’elle n’est plus la seule option.
Plus tu te bats contre cette part de toi,
plus elle se crispe.
Quand tu commences à la reconnaître comme :
“une part qui cherche de la sécurité,
et qui a de bonnes raisons de le faire”
quelque chose change.
Pas d’un coup.
Pas parfaitement.
Mais suffisamment pour ouvrir un autre chemin.
👉 ce que tu vis n’est pas un dysfonctionnement.
👉 C’est une adaptation.
Le problème n’est pas d’avoir compensé.
Le problème, c’est de rester seul avec ça.
Tout au long de cet article,
l’idée n’était pas de te dire quoi faire.
Mais de t’aider à voir autrement ce que tu vis.
Parce que la compréhension apaise déjà.
Et qu’elle ouvre la porte à autre chose que la répétition automatique.
Si tu te reconnais dans ce que tu as lu,
si tu sens que ça résonne profondément,
si tu as l’impression de tourner en rond malgré tous tes efforts,
sache une chose importante :
👉 il est possible d’apprendre à se réguler autrement.
👉 pas en forçant, pas en contrôlant, pas en luttant.
👉 mais en construisant, petit à petit, plus de sécurité à l’intérieur.
C’est exactement ce que je propose dans mes accompagnements psycho-corporels.
Un espace pour :
comprendre ce qui se joue réellement
écouter le corps plutôt que le combattre
traverser les moments de débordement avec plus de sécurité
élargir progressivement les ressources disponibles
sortir du pilotage automatique, sans violence
Je n’accompagne pas depuis une posture de “celui qui a tout réglé”,
mais depuis un chemin vécu, travaillé, compris,
et aujourd’hui transmis.
Si tu sens que c’est le bon moment pour toi,
tu peux trouver les informations sur mes accompagnements
(et éventuellement prendre contact)
sur mon site.
Prends le temps.
Écoute ton rythme.
Il n’y a rien à forcer.
Et quoi qu’il en soit,
j’espère que ces mots auront déjà apporté
un peu de clarté,
un peu de douceur,
et peut-être un regard différent sur ce que tu traverses.
🧭 Tu n’es pas seul·e.
Pourquoi je mange trop alors que je n’ai pas faim ?
Parce que ce n’est pas une faim physique.
Manger trop sert souvent à calmer une tension émotionnelle, un stress, une fatigue ou un trop-plein intérieur que le corps ne sait pas encore réguler autrement.
Pourquoi je mange sans pouvoir m’arrêter ?
Quand le système nerveux est débordé, la nourriture peut devenir un réflexe automatique.
Ce n’est pas un manque de volonté, mais une tentative de soulagement rapide.
Est-ce que j’ai de l’hyperphagie ?
L’hyperphagie correspond à des prises alimentaires importantes, sans faim réelle, avec une perte de contrôle.
Mais le plus important n’est pas le mot : c’est de comprendre à quoi sert ce comportement dans ton système.
Quelle est la différence entre hyperphagie, boulimie et compulsions alimentaires ?
La boulimie inclut généralement des comportements compensatoires (vomissements, restrictions).
L’hyperphagie et les compulsions alimentaires concernent surtout le fait de manger trop, sans compensation.
Dans tous les cas, il s’agit de stratégies de régulation émotionnelle.
Pourquoi je mange quand je suis stressé ou anxieux ?
Parce que manger fait baisser temporairement l’activation du système nerveux.
C’est une façon rapide d’apaiser l’anxiété, même si l’effet ne dure pas.
Pourquoi je mange quand je suis triste ou découragé ?
La nourriture peut apporter une sensation de réconfort quand l’émotion est trop difficile à traverser.
Ce n’est pas aimer la tristesse, c’est ne pas savoir quoi en faire autrement.
Est-ce que “manger ses émotions” est une vraie chose ?
Oui, dans le sens où l’on mange pour modifier un état émotionnel, pas pour se nourrir.
La nourriture devient un outil de régulation.
Pourquoi je mange en cachette ?
Manger en cachette est souvent lié à un besoin d’espace et de sécurité.
Un moment sans regard extérieur, sans justification, sans pression.
La perméabilité intestinale peut-elle provoquer des compulsions alimentaires ?
Il peut y avoir un lien, mais la perméabilité intestinale est souvent une conséquence du stress chronique, pas la cause principale des compulsions.
L’intolérance au gluten ou au lactose explique-t-elle que je mange trop ?
Parfois, réduire certains aliments soulage le corps.
Mais très souvent, le problème n’est pas l’aliment en lui-même, mais l’état de stress dans lequel on mange.
Les problèmes de glycémie peuvent-ils expliquer mes envies incontrôlables ?
Les variations de glycémie peuvent influencer l’appétit.
Mais quand la glycémie est stable et que les compulsions persistent, le facteur émotionnel et nerveux est central.
Pourquoi les compulsions alimentaires reviennent même quand ça va mieux ?
Parce que la guérison n’est pas linéaire.
Quand une compulsion revient, ce n’est pas forcément une rechute, mais l’activation d’une charge plus ancienne.
Est-ce que les compulsions alimentaires viennent toujours de l’enfance ?
Les situations actuelles déclenchent souvent le comportement,
mais les mécanismes de régulation peuvent s’être construits plus tôt, parfois sans souvenir conscient.
Est-ce que c’est psychologique ou corporel ?
Les deux sont liés, mais le processus est avant tout corporel et nerveux.
Le corps cherche à se réguler avant que la tête comprenne.
La thérapie psycho-corporelle peut-elle aider à l’hyperphagie ?
Oui, parce qu’elle travaille sur la régulation du système nerveux, pas sur le contrôle alimentaire.
Elle aide aussi à développer d’autres ressources que la nourriture.
Est-ce possible d’aller mieux sans arrêter définitivement de compenser ?
Oui.
Le chemin n’est pas d’être parfait, mais d’apprendre à reconnaître plus tôt les moments de débordement et à les traverser avec plus de sécurité.
Cet article est une porte d’entrée.
Si tu sens que ce que tu viens de lire résonne,
voici différentes manières de continuer, selon ton rythme et là où tu en es.
Si tu souhaites continuer à explorer par toi-même, la Tribu – Centre de Ressources Bien-Être rassemble des pratiques longues, méditations guidées, outils somatiques et de libération émotionnelle, tout cela en vidéo pour t’accompagner en douceur.
Certaines expériences gagnent à être traversées dans un cadre plus soutenant.
L’accompagnement psycho-corporel (en ligne ou à Die, Drôme) permet de réguler le système nerveux, libérer des blocages et intégrer ce qui se vit dans le corps.
Les stages sont des espaces pour vivre ces pratiques de manière plus immersive : mouvement, présence, partage, et expérimentation corporelle – ensemble.

Pour celles et ceux qui traversent
Stress · Déprime · Anxiété · Blocage
Un chemin de retour vers
🧘♂️ Corps · 🌊 Émotions · 🔥 Énergie · 🤝 Relations authentiques
🧭 Intuition · 🌿 Clarté · 🧘 Présence · ☀️ Spiritualité naturelle
Nathanaël
Thérapeute psycho-corporel
Humain en chemin
Difficultés émotionnelles ? Blocage ?
Je t'aide à te libérer et à te sentir bien.
Thérapie psycho-corporelle • Libération traumatique • Lomi Lomi (massage + soin libérateur) • Pratiques de Bien-Être
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